Rezension: Hubertus Heil, Der Angriff der Autokraten. Die Verteidigung der Demokratie gegen innere und äußere Gegner
Juste à temps pour la Foire du livre de Francfort 2026, Klett-Cotta publiera l’ouvrage d’Hubertus Heil, > L’attaque des autocrates. La défense de la démocratie contre ses adversaires intérieurs et extérieurs. Depuis 1998, Hubertus Heil est député au Bundestag ; de 2015 à 2018, il a occupé le poste de ministre fédéral du Travail et des Affaires sociales. Il est aujourd’hui membre de la commission des affaires étrangères du Bundestag allemand.
Parmi les ouvrages qui, à juste titre, évoquent actuellement la menace qui pèse sur notre démocratie, celui d’Hubertus Heil se distingue tout particulièrement, d’autant plus qu’il décrit non seulement avec une grande précision les menaces qui pèsent sur notre démocratie de la part d’adversaires internes et externes, mais qu’il formule également – notre rédaction a compté lors de sa lecture – au moins 30 propositions plausibles sur la manière de remédier à la situation actuelle.
Compte rendu de lecture et entretien : Volker Weiß, L’Empire démocratique allemand. Comment l’extrême droite détruit l’histoire et la démocratie
Compte rendu de lecture : Patrick Bahners, « Le retour : l’AfD et le nouveau nationalisme allemand »
Manuela Müller, Les jeunes dessinent à nouveau des croix gammées. De la radicalisation d’une génération, Stuttgart : Tropen 2026.
H. W., Katja Bauer, Maria Fiedler, « La méthode AfD. La lutte de la droite : au Parlement, dans la rue – et contre elle-même » – 10 mai 2021
H. W., Compte rendu de lecture et entretien : Volker Weiß, « La révolte autoritaire. La Nouvelle Droite et le déclin de l’Occident » – 27 mars 2017
Dans le chapitre « La vulnérabilité de la démocratie », on peut lire : « Le grand danger de notre époque n’est pas l’autoritarisme ouvert. C’est la perte progressive de confiance dans l’autonomie démocratique des citoyennes et citoyens. » (p. 21) Pas tout à fait, mais d’une certaine manière, l’auteur renverse la situation… Il ne s’agit pas toujours de critiquer les autres, nous devons d’abord comprendre nous-mêmes quelle place nous accordons à notre démocratie. Faire preuve de plus de courage envers nos processus démocratiques, sous toutes leurs formes, et les défendre face à ceux qui pensent autrement : c’est ainsi que l’on pourrait interpréter sa citation, son appel. Nous ne nous faisons pas assez confiance. Sinon, nous répondrions différemment aux critiques de ceux qui râlent sans cesse. Il existe déjà une certaine habitude, voire une acceptation, de critiquer si violemment Berlin, de se joindre au chœur des détracteurs de la chancelière. Si la confiance dans « l’autoefficacité des citoyennes et citoyens » reprenait de l’ampleur, nous considérerions à nouveau davantage notre démocratie comme la nôtre, nous verrions aussi parfois les succès de l’ensemble et les opposerions aux critiques. En ce sens, Heil lance un signal d’alarme. De nombreuses autres réflexions contenues dans cet ouvrage peuvent également être interprétées de la même manière. Comment expliquer ce prétendu déclin ? « Ouverture et vulnérabilité » (p. 26 et suivantes) sont confondues. Peut-être est-ce vraiment la société ouverte qui offre une cible si propice : cf. p. 27 et suivantes.
À cela s’ajoute l’effondrement du consensus sur les valeurs occidentales, cf. p. 30, qui s’affaiblit lorsque « l’influence extérieure » s’accroît et que la confiance s’effrite à l’intérieur. (cf. ibid.) Surtout lorsque de nombreuses crises de toutes sortes surgissent simultanément… et que l’on reproche au gouvernement d’en subir les conséquences. Et les gens se sentent abandonnés lorsque, par exemple, la cohésion locale se brise : cf. à ce sujet : H. Wittmann, Compte rendu de lecture et questions-réponses : Simon Strauß, *In der Nähe. Vom politischen Wert einer ostdeutschen Sehnsucht* . Les députés fédéraux et régionaux doivent s’occuper de leurs circonscriptions. La démocratie commence à la base. Dans le village, là où l’épicerie de quartier est préservée et s’appellera désormais « magasin de village », là où, au lieu de médire, on crée un élan d’optimisme grâce à des initiatives. Heil a beaucoup à raconter à ce sujet depuis sa circonscription. Dommage que chez nous, tous les députés n’aient pas leur circonscription, comme en France… alors nous n’aurions peut-être pas les problèmes actuels. « L’année de la démocratie » (l’une des quelque 30 propositions de ce livre) est le mot d’ordre de Heil, qui rappelle aux citoyennes et citoyens que la démocratie ne vient pas d’en haut, mais qu’elle est, dans une certaine mesure, notre devoir.
Le chapitre « Attaques hybrides » explique « La guerre de l’ombre menée par la Russie » et « La logique des piqûres d’épingle » (p. 59 et suivantes, 61, 65) ; c’est ainsi que l’on comprendra également la structure de cet ouvrage, en se demandant comment on en est arrivé là (avec l’AfD), alors que la Russie et la Chine parviennent à transformer le monde à un tel point. À cela s’ajoute également la politique étrangère chaotique des États-Unis sous Donald Trump : droits de douane, guerres et incertitudes constantes quant à la cohésion de l’alliance occidentale et, par conséquent, de l’OTAN. Que faut-il faire ? « L’Europe doit devenir plus souveraine. » Bien sûr, cela nous rappelle la compilation des > discours d’Emmanuel Macron sur la politique européenne, qui, dès le début de son premier mandat, avait déjà une longueur d’avance sur nous tous en matière de politique étrangère. Seule Angela Merkel semblait manifestement ne pas vouloir entendre parler de son premier discours à la Sorbonne. Le gouvernement de Berlin a laissé Macron tomber ; s’il avait repris ses propositions, les avait développées avec lui et en avait tiré davantage que le simple traité d’Aix-la-Chapelle… Aujourd’hui, il faut rattraper péniblement et à la hâte ce que Macron avait déjà préconisé à l’époque.
« La guerre de l’information » montre comment les élections chez nous sont influencées par les (pas si) « réseaux sociaux ». Heil va droit au but : « Le surmenage des individus face au déluge d’informations actuel peut être exploité pour mener des campagnes de désinformation. » (p. 111) Encore une solution, une mission : Heil l’appelle « l’immunisation démocratique » et souhaite renforcer la résilience en consolidant la capacité de jugement. Les usines à trolls (cf. H. W., Compte rendu de lecture et questions-réponses : Michal Hvorecky, « Troll » , 18 octobre 2018 – Le blog de Klett-Cotta a existé de 2006 à 2021 avec environ 350 articles, dont 140 articles sont encore disponibles sur le site actuel de Klett-Cotta.) font partie de la guerre hybride et alimentent la désinformation, dont Heil dévoile les mécanismes en détail. Ce sont les processus de négociation, qui sont au cœur de notre démocratie, qui passent à la trappe lorsque les oligarques de la tech les jugent inutiles : (cf. p. 127-139) – Il s’agit de renforcer la capacité de jugement : p. 140. Notre rédaction aimerait ajouter… qui s’accorde difficilement avec l’intelligence artificielle : Et Heil ajoute aussitôt : « Nous avons besoin d’une offensive sociétale pour renforcer la capacité de jugement. » Tout à fait. Et il y aurait encore tant à dire sur cette page 140. Comment en est-on arrivé à cette méfiance envers les médias (« presse mensongère ») ou à cette dépréciation de ceux qui sont au pouvoir ? Ce sont des sentiments, des attentes déçues et le sentiment d’être laissé pour compte. Heil le dit lui-même : « Fixer des limites à l’IA. » (p. 142) Et il souhaite « une école qui forme à la capacité de jugement et transmette l’esprit critique ». Selon Heil, l’éducation démocratique devrait être inscrite dans un traité d’État entre les 16 Länder (cf. p. 145) : encore l’une de ses 30 propositions dans cet ouvrage.
« La liberté de l’Europe et la nouvelle économie mondiale » examine « comment les rapports de force mondiaux évoluent » (p. 151, 156) : révolution numérique, transition énergétique, risque de guerre en Europe, comme si, dans une cuisine de rue, toutes les casseroles se mettaient à bouillonner en même temps. Les répercussions, telles que le choc des prix de l’essence, sont alors imputées à ceux d’en haut, qui apaisent ensuite les critiques à coups de remises sur le carburant.
Ce sentiment, ce simple sentiment, cette impression de perdre le contrôle, comme je l’ai dit, ce sentiment d’être menacé… voilà le terreau sur lequel l’AfD se développe et prospère. Elle exploite l’état d’esprit des gens et transforme les mesures de protection contre la pandémie (cf. p. 189) en un conte de fées sur l’État autoritaire. « Le système a échoué… », s’écrie-t-elle, et ses partisans acquiescent. Elle récolte l’inquiétude et la méfiance, les renforce et les sème à nouveau. Pour elle, l’attaque contre l’Ukraine repose sur la complicité occidentale dans la guerre, due à l’élargissement de l’OTAN vers l’Est. Soit dit en passant, notre rédaction n’a d’ailleurs jamais entendu l’AfD mentionner où que ce soit l’Acte de base OTAN-Russie du 27 mai 1997. Mais minimiser la menace russe actuelle fait partie des outils de l’AfD, qui, bien au-delà, entretient des relations multiples avec la Russie : cf. à ce sujet le dernier chapitre de cet ouvrage, « L’Internationale des nationalistes ». L’AfD, si attachée à la nation, étend de plus en plus son réseau international, ce qui est en réalité en contradiction avec son idéologie nationale. Heil cite de nombreux autres traits caractéristiques de la politique d’extrême droite de l’AfD : « la profonde méfiance envers les institutions démocratiques indépendantes » (p. 204), ses « médias alternatifs » utilisés comme « instruments de pouvoir » (p. 206), sa mise en scène du rôle de victime, son financement opaque. Le tout dernier coup de théâtre d’Alice Weidel et de Tino Chrupalla…, qui consiste à vouloir se réconcilier un tout petit peu avec l’UE et l’euro – Cf. : Article sur un document stratégique interne : l’AfD prévoit-elle un revirement vis-à-vis de l’UE et de l’euro ? – Der Tagesspiegel, 5 octobre 2026. Ah, probablement juste une reprise du nom du groupe parlementaire au Parlement européen : « L’Europe des nations souveraines (ESN) », ce qui fait penser à « l’Europe des patries » que l’on attribue à Charles de Gaulle, qui a toujours nié avoir utilisé ce terme : cf. H. W., Une Europe unie – Une Europe unie – sur la voie d’une confédération Une Europe unie – Une Europe unie – vers une confédération
Si nous nous lassons de la démocratie, si nous ne savons pas correctement situer les attaques hybrides, si nous n’opposons rien à la guerre de l’information, si l’Europe assiste à l’effondrement de l’ordre mondial sans se rappeler de sa souveraineté, si le contact avec les citoyennes et citoyens continue de s’amenuiser, alors – selon la structure de cet ouvrage – « les attaques de l’intérieur » (p. 185-214) se multiplieront rapidement. À l’image de ce que démontre l’AfD : haine, critique impitoyable et toujours fondée sur l’idéologie à l’encontre de ceux qui sont au pouvoir, l’alarmisme autour de la « remigration » et l’incitation à la haine par le « Einzelfallticker » (www.afd.de), qui donne l’impression que chaque migrant tient un couteau entre les lèvres, font partie de ces attaques venues de l’intérieur.
Nous avons besoin de plus de résilience, d’un renforcement de la démocratie et de responsables politiques qui soient prêts et osent parler des réussites, et qui s’opposent à ceux qui estiment que notre aide à l’Ukraine ferait mieux d’être réinjectée dans nos systèmes sociaux. Si vous lisez ce livre, pensez à numéroter les 30 propositions de Heil ; cela en vaut la peine, ne serait-ce que pour en retenir quelques-unes et en discuter avec vos amis, ou même avec ceux qui ont succombé aux sirènes de l’AfD.
Rechtzeitig zur Frankfurter Buchmesse 2026 erscheint bei Klett-Cotta der Band von Hubertus Heil, > Der Angriff der Autokraten. Die Verteidigung der Demokratie gegen innere und äußere Gegner. Seit 1998 ist Heil Bundestagsabgeordneter, von 2018 bis 2015 war er Bundesminister für Arbeit und Soziales. Heute ist er Mitglied im Auswärtigen Ausschuss des Deutschen Bundestages.
Unter den Büchern, die zur Zeit sehr berechtigterweise die Gefährdung unserer Demokratie beschwören, fällt das Buch von Hubertus Heil ganz besonders auf, zumal es präzise die Bedrohungen unserer Demokratie durch innere und äußere Gegner nicht nur mit hoher Präzision beschriebt, sondern – unsere Redaktion hat bei der Lektüre nachgezählt-, mindestens 30 plausible Vorschläge macht, wie der aktuellen Lage entgegengesteuert werden sollte.
Lesebericht und nachgefragt: Volker Weiß, Das Deutsche Demokratische Reich. Wie die extreme Rechte Geschichte und Demokratie zerstört
Lesebericht: Patrick Bahners, »Die Wiederkehr Die AfD und der neue deutsche Nationalismus«
Manuela Müller, Die Jugend malt wieder Hakenkreuze. Von der Radikalisierung einer Generation, Stuttgart: Tropen 2026.
H. W., Katja Bauer, Maria Fiedler, »Die Methode AfD. Der Kampf der Rechten: Im Parlament, auf der Straße – und gegen sich selbst« – 10.5.2021
H. W., Lesebericht und Nachgefragt: Volker Weiß, »Die autoritäre Revolte. Die Neue Rechte und der Untergang des Abendlandes« – 27.3.2017
Im Kapitel „Die Verwundbarkeit der Demokratie“ steht die Erkenntnis: „Die große Gefahr unserer Zeit ist nicht der offene Autoritarismus. Es ist der fortschreitende Verlust des Vertrauens in die demokratische Selbtstwirksamkeit der Bürgerinnen und Bürger.“ (S. 21) Nicht ganz, aber irgendwie schon dreht der Autor den Spieß herum… nicht immer Kritik an den Anderen, wir müssen erst einmal selbst dahinterkommen, wie wir es mit unserer Demokratie halten. Mehr Mut für unsere demokratischen Prozesse, in allen ihren Formen und sie gegenüber Andersdenkenden vertreten, so könnte man sein Zitat, seine Aufforderung interpretieren. Wir trauen uns zu wenig zu. Sonst würden wir der Kritik der ständig Nörgelnden anders entgegentreten. Es gibt schon eine gewisse Gewohnheit oder Akzeptanz, die da in Berlin so heftig zu kritisieren, in den Chor der Kanzlerschelte einzustimmen. Würde das Vertrauen in die „Selbstwirksamkeit der Bürgerinnen und Bürger“ wieder zunehmen, würden wir unsere Demokratie auch wieder mehr als das Unsrige auffassen und auch mal die Erfolge des Ganzen sehen und den Kritikern entgegenhalten. Insoweit sendet Heil einen Weckruf. Viele andere Einsichten in diesem Buch kann man auch auf eine ähnliche Weise interpretieren. Wie kommt es zu dem vermeintlichen Niedergang? „Offenheit und Wehrlosigkeit“ (S. 26 f.) werden miteinander verwechselt. Vielleicht ist es wirklich die offenen Gesellschaft, die eine so geeignete Angriffsfläche bietet: vgl. S. 27 f.
Hinzu kommt das Zerbrechen des Wertekonsens des Westens, vgl. S.30, der brüchig wird, wenn „äußere Einflussnahme“ zunimmt und im Inneren das Vertrauen schwindet. (vgl. ebd.) Besonders wenn viele Krisen jeder Art auf einmal auftauchen… und die Auswirkungen der Regierung, denen da oben vorgeworfen werden. Und die Menschen fühlen sich alleine gelassen, wenn zum Beispiel der kommunale Zusammenhalt zerbricht: vgl. dazu: H. Wittmann, Lesebericht und Nachgefragt: Simon Strauß, In der Nähe. Vom politischen Wert einer ostdeutschen Sehnsucht. Die Abgeordneten von Bund und Land müssen sich um ihre Wahlkreise kümmern. Demokratie fängt unten an. Im Dorf, wo der Krämerladen erhalten bleibt und künftig Dorfladen heißt, wo statt Schlecht-Reden, Aufbruchsstimmung durch Initiativen erzeugt wird. Heil kann zu diesem Thema einiges aus seinem Wahlkreis berichten. Schade, dass bei uns nicht jeder Abgeordnete, wie in Frankreich seinen Wahlkreis hat… dann hätten wird die heutigen Probleme vielleicht nicht. „Demokratiejahr“ (einer von den rund 30 Vorschlägen in diesem Buch) ist Heils Stichwort, das die Bürgerinnen und Bürger daran erinnert, dass Demokratie nicht von oben kommt, sondern sie ist in gewissem Maße unsere Pflicht.
Das Kapitel „Hybride Attacken“ erklärt „Russlands Schattenkrieg“ und „Die Logik der Nadelstiche“ (S.59 ff, 61, 65) und man wird auch auf diese Weise auch den Aufbau dieses Buches verstehen, wenn man sich fragt, wie es soweit (mit der AfD) kommen konnte, nachdem es Russland und China in einem solchen Maße gelingt, die Welt zu verändern. Und dazu kommt auch das außenpolitische Schlingern der USA unter Donald Trump: Zölle, Kriege und ständige Verunsicherungen über den Zusammenhalt des westlichen Bündnisses und damit der NATO. Was muss getan werden? „Europa muss souveräner werden.“ Natürlich kommt uns dabei die Dokumentation der > europapolitischen Reden Emmanuel Macrons in den Sinn, der schon zu Beginn seiner ersten Amtszeit uns außenpolitisch allen voraus war. Nur Angela Merkel wollte offenkundig von seiner ersten Sorbonne-Rede nichts wissen. Die Berliner Regierung ließ Macron im Regen stehen, hätte sie seine Vorschläge aufgegriffen, zusammen mit ihm weiterentwickelt und mehr daraus als nur den Aachener-Vertrag gemacht… Heute muss mühsam in großer Eile nachgeholt werden, was Macron schon damals anmahnte.
„Der Krieg der Informationen“ zeigt wie über die (gar nicht mal so) „sozialen Medien“ Wahlen bei uns beeinflusst werden. Heil bringt es auf den Punkt: Die Überforderung von Menschen durch die heutige Informationsflut kann für Desinformationskampagnen genutzt werde.“ (S. 111) Wieder eine Lösung, eine Aufgabe: „Demokratische Immunisierung“ nennt Heil sie und wünscht sich mehr Widerstandskraft, in dem die Urteilsfähigkeit gestärkt wird. Troll-Fabriken (vgl. H. W., Lesebericht und Nachgefragt: Michal Hvorecky, »Troll« , 18.10. 2018 – Den Blog von Klett-Cotta gab es von 2006-2021 mit rund 350 Beiträgen, von 140 Beiträge noch auf der aktuellen Website von Klett-Cotta zu finden sind.) gehören zur hybriden Kriegsführung und schüren die Desinformation, deren Mechanismen Heil en détail aufdeckt. Es sind die Aushandlungsprozesse als Kern unserer Demokratie, die unter die Räder kommen, wenn Tech-Oligarchen, diese für unnötig halten: (vgl. S. 127-139) – Es geht darum, die Urteilsfähigkeit zu stärken: S. 140. Unsere Redaktion würde gerne hinzufügen… geht nur schwer mit der Künstlichen Intelligenz: Und Heil fügt auch gleich hinzu: „Wir brauchen eine gesellschaftliche Offensive für mehr Urteilsfähigkeit.“ Richtig. Und zu dieser Seite 140 gäbe es noch so viel zu sagen. Wie konnte es bloß zu diesem Misstrauen gegenüber den Medien („Lügenpresse“) oder der Herabwürdigung von denen da oben kommen? Es sind Gefühle, enttäuschte Erwartungen und das Empfinden, alleine gelassen zu werden. Heil sagt es selber: „Rote Linien für die KI ziehen.“ (S. 142) Und er wünscht „Eine Schule, die Urteilskraft trainiert und kritisches Denken vermittelt.“ Demokratische Bildung sollte, so Heil in einen Staatsvertrag zwischen den 16 Bundesländern festgeschrieben werden (vgl. S. 145) : Noch einer von seinen 30 Vorschlägen in diesem Band.
„Europas Freiheit und die neue Weltwirtschaft“ untersucht „Wie sich globale Kräfteverhältnisse verschieben“ (S. 151, 156): Digitale Revolution, Energiewende, Kriegsgefahr in Europa, als wenn in einer Garküche es in allen Töpfen zugleich zu brodeln anfangen würde. Die Auswirkungen, wie Benzinpreisschock wird dann denen da oben vorgeworfen, die dann mit Tankrabatten die Kritiker besänftigen.
Das Gefühl, das bloße Gefühl, der Eindruck, man verliere die Kontrolle, wie gesagt das Gefühl, bedroht zu werden… das ist der Boden auf dem die AfD wächst und gedeiht. Sie nutzt die Stimmung der Menschen aus und macht aus pandemischen Schutzmaßnahmen (vgl. S. 189) das Märchen vom autoritären Staat. „Das System hat versagt…“ ruft sie und ihre Anhänger nicken. Verunsicherung und Misstrauen erntet, verstärkt und sät sie wieder. Der Angriff auf die Ukraine beruht für sie auf westlicher Mitschuld am Krieg aufgrund der NATO-Osterweiterung. Nebenbei bemerkt, auch unsere Redaktion hat noch nie gehört, dass die AfD irgendwo einmal die NATO-Russland-Grundakte vom 27. Mai 1997 auch nur irgendwo einmal erwähnt hätte. Aber das Herunterspielen der heutigen russischen Bedrohung gehört zum Handwerkskasten der AfD, die weit darüberhinaus, vielfältige Beziehungen mit Russland pflegt: vgl. dazu das letzte Kapitel in diesem Band „Die Internationale der Nationalisten“. Die so national gesinnte AfD baut ihr internationales Netz immer mehr aus, eigentlich im Widerspruch zu ihrer nationalen Ideologie. Heil nennt viele weitere Kennzeichen der rechtsextremen Politik der AfD: „das tiefe Misstrauen gegenüber unabhängigen demokratischen Institutionen“ (S. 204), ihre „Alternativen Medien“ als Machtinstrumente“ (S. 206), ihrer Opferinszenierung, ihre undurchsichtige Finanzierung. Der allerjüngste Coup von Alice Weidel und Tino Chrupalla…, sich nun doch ein klein bisschen mit der EU und dem EURO anfreunden zu wollen – Vgl.: Bericht über internes Strategiepapier: Plant die AfD eine Kehrtwende zu EU und Euro? – Der Tagesspiegel, 5. 10. 2026. Ach, wahrscheinlich nur eine Übernahme des Fraktionsnamens im EU-Parlament: „Europa der Souveränen Nationen (ESN)“, was nach dem „Europa der Vaterländer“ klingt, das man Charles de Gaulle zuschreibt, der es immer abgelehnt hat, diesen Begriff gebraucht zu haben: vgl. H. W., Ein vereintes Europa – Une Europe unie – auf dem Weg zu einer Konföderation Ein vereintes Europa – Une Europe unie – auf dem Weg zu einer Konföderation
Wenn wir demokratiemüde werden, wenn hybride Attacken nicht richtig eingeordnet werden, wenn wir dem Krieg der Informationen nichts entgegensetzen, wenn Europa der Zerrüttung der Weltordnung zusieht ohne sich auf seine Souveränität zu besinnen, wenn der Kontakt mit den Bürgerinnen und Bürger weiter abnimmt, werden – such der Aufbau dieses Buches – dann werden „Die Angriffe im Innern“ (S. 185-214) rapide zunehmen. So wie die AfD dies vorführt: Hass, unbarmherzige, immer nur ideologisch grundierte Kritik an denen da oben, Angstmache durch die „Remigration“ und der Aufwiegelung durch den Einzelfallticker (www.afd.de), der das Gefühl vermittelt, jeder Migrant hielte ein Messer zwischen den Lippen, gehören zu diesen Angriffen aus dem Innern heraus.
Wir brauchen mehr Resilienz, Stärkung der Demokratie und Politiker, die auch bereit sind und sich trauen, über Erfolge zu sprechen und die denen entgegentreten, die glauben, dass unsere Hilfen für die Ukraine besser in unsere Sozialsysteme fließen sollten. Wenn Sie dieses Buch lesen, denken Sie daran, Heils 30 Vorschläge zu nummerieren, es lohnt sich, wenn sie sich nur einige Merken und mit Ihren Freunden darüber diskutieren oder auch mit denen, die den Sirenenklängen der AfD erlegen sind.
Hubertus Heil
> Der Angriff der Autokraten
Die Verteidigung der Demokratie gegen innere und äußere Gegner
Stuttgart: Klett-Cotta 2026







